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Pelade : vers un meilleur accompagnement des patients

La pelade, ou alopecia areata (AA), est une maladie inflammatoire chronique non contagieuse caractérisée par une perte soudaine de cheveux ou de poils, souvent sous forme de plaques bien délimitées (1). C’est une forme courante d’alopécie à médiation immunitaire dans laquelle l’attaque auto-immune du follicule pileux entraîne la chute de cheveux (3). Néanmoins, l’AA est potentiellement réversible du fait de l’absence de destruction du follicule pileux.

La pelade intervient chez des patients vulnérables présentant souvent une prédisposition multigénique concomitante et des facteurs déclenchants environnementaux (4). Environ 20 % des patients ont des antécédents familiaux de pelade (1). Le risque de développer d’autres maladies auto-immunes (maladies thyroïdiennes, vitiligo, dermatite atopique, lupus érythémateux systémique, psoriasis…) est, par ailleurs, accru chez ces patients (1). De même, des comorbidités psychiatriques sont davantage rapportées, la dépression et l’anxiété notamment (4).
La forme la plus courante d’AA est la pelade en plaques, qui concerne environ 90 % des patients (1). Elle se caractérise par des plaques circulaires bien délimitées de perte de cheveux ou de poils : barbe, cils, sourcils… Les 10 % restants correspondent à la pelade totale, où la perte des cheveux est quasi-complète ou complète et la pelade universelle, définie par une perte totale des cheveux et des poils du corps (1).
Environ 30 % à 50 % des personnes atteintes de pelade présentent également des anomalies unguéales, communément appelées ongles peladiques (1).

Le diagnostic peut souvent être posé de manière clinique en se fondant sur la perte de cheveux non cicatricielle et circulaire caractéristique (5). En périphérie de la plaque, le dermatoscope peut révéler la présence de cheveux en « point d’exclamation » caractéristiques (5).
La sévérité de la pelade est évaluée à l’aide du score SALT (Severity of Alopecia Tool) (1). Pour définir le score SALT, le cuir chevelu est divisé en quatre zones (tempe droite, tempe gauche, dessus du crâne et arrière du crâne). Un coefficient, correspondant à la surface de cuir chevelu de la zone par rapport à la surface de cuir chevelu totale, pondère le pourcentage de perte de cheveux observé dans chaque zone (4). Le score SALT est obtenu en additionnant les pourcentages pondérés de chacune des quatre zones (4).

Score SALT = % alopécie zone 1 x 0,18 + % alopécie zone 2 x 0,18 + % alopécie zone 3 x 0,4 + % alopécie zone 4 x 0,24
Plus le score SALT est élevé, plus l’atteinte est importante.

  • Pelade légère : SALT ≤ 20 %
  • Pelade modérée : SALT > 20 % et < 50 %
  • Pelade sévère : SALT ≥ 50 %

L’évolution de la pelade est imprévisible, avec des repousses spontanées fréquentes, mais aussi des rechutes possibles (1). Près de la moitié des patients voient leurs cheveux repousser sans traitement, mais un nombre considérable d’entre eux nécessitent un traitement spécifique (6). La prise en charge de l’AA n’est pas standardisée et fait appel au dermatologue. Le choix du traitement dépend de l’étendue des lésions, de leur localisation et du terrain du patient. La croissance spontanée est rare dans les cas graves et un score SALT supérieur ou égal à 20 constitue une indication communément acceptée pour un traitement systémique (6, 7). Pour les patients qui le nécessitent, il existe de multiples traitements, notamment les corticoïdes locaux et/ou oraux, des stimulants de la croissance des cheveux ou des immunosuppresseurs dont les inhibiteurs de JAK (6).
Du fait de l’impact psychologique important de la pelade, une prise en charge psychologique, incluant un soutien psychothérapeutique ou une thérapie cognitivo-comportementale, peut être proposée si nécessaire (1).

  1. Société française de dermatologie (SFD). Tout savoir sur la pelade chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte [en ligne]. [Consulté le 04/05/2026]. Disponible à l’adresse : https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-la-pelade
  2. Seneschal J. Alopecia areata : time for position statement to include new systemic therapeutic advances. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2024;38(4):631-32.
  3. Minokawa Y, Sawada Y, Nakamura M. Lifestyle factors involved in the pathogenesis of alopecia areata. Int J Mol Sci. 2022;23(3):1038.
  4. Sibbald C. Alopecia areata: an updated review for 2023. J Cutan Med Surg. 2023;27(3):241-59.
  5. Spano F, Donovan JC. La pelade par plaques. Partie 1 : pathogenèse, diagnostic et pronostic. Can Fam Physician. 2015;61(9):e401-e405.
  6. Mateos-Haro M, Novoa-Candia M, Sánchez Vanegas G, Correa-Pérez A, Gaetano Gil A, Fernández-García S et al. Treatments for alopecia areata: a network meta-analysis. Cochrane Database Syst Rev. 2023;10(10):CD013719.
  7. Rudnicka L, Arenbergerova M, Grimalt R, Ioannides D, Katoulis AC, Lazaridou E et al. European expert consensus statement on the systemic treatment of alopecia areata. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2024;38(4):687-94.

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